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Le sens spirituel de Zoroastre



Un philosophe de l'antiquité

Zoroastre est un réformateur mythique du Mazdéisme. On ne sait absolument rien de certain sur la vie de ce grand philosophe. On ne connaît même pas l'époque de sa naissance et celle de sa mort. Il existe de si nombreuses légendes sur ce personnage qu'il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de démêler le vrai du faux, de ce qui est historique ou légendaire.
Nous allons essayer cependant de nous rapprocher le plus près de ce qui est la vérité, nous étayant pour cela, sur les auteurs anciens, plutôt que sur les nombreuses légendes qui ont pris naissance dans les poésies persanes du Moyen-Age. Puis, nous parlerons de la Doctrine prêchée par Zoroastre et répandue autour de lui dans un rayon assez étendu.


La naissance de Zoroastre

Disons, tout d'abord, que les livres sacrés de la Perse nomment ce philosophe Zarathustra ou Etoile d'or, en Zend Zérétochtro, astre d'or. Comme bien des prophètes, avant leur naissance, un devin prédit la haute destinée qui l'attendait. Mais à quelle époque est-il venu au monde ?
Les mages nous disent que c'est 1300 ans après le Grand Déluge. D'après les auteurs Grecs, Eudoxe cité par Pline, fait naître Zoroastre 6000 ans avant Platon ; Plutarque 5000 ans avant la guerre de Troie ; tandis que Suidas se contente d'indiquer seulement 500 ans. Après avoir cité Eudoxe, Pline, finit par conclure que le Prophète vivait quelque temps avant Xercès. De son côté, Justin nous dit que le législateur des Perses vécut du temps de Ninus, c'est-à-dire treize siècles avant le grand Sardanapale.
Apulée le fait contemporain de Cambyse et nous apprend que Pythagore a été son disciple. Un philosophe, Porpbyre, et un Père de l'Eglise, Clément d'Alexandrie, le font naître à l'époque de Cyrus, tandis que Ctésias le fait vivre à l'époque de Darius, fils d'Hystaspe.


L'origine du philosophe

Dans quel pays serait né Zoroastre ? Sa patrie aurait autant varié que la date de sa naissance. En effet, on l'a fait successivement chaldéen, assyrien, perse et mède, et chacune de ces versions a pour elle des autorités dignes de foi, car nous retrouvons les mêmes auteurs que nous avons cités ci-dessus, savoir : Suidas, Pline, Platon, Clément d'Alexandrie, Justin et d'autres encore.
Nous n'insisterons pas plus longuement sur les faits et relations hypothétiques concernant notre législateur et nous nous bornerons à rapporter la version la plus accréditée sur Zoroastre, version qui nous paraît aussi la plus plausible. La voici : Zoroastre naquit en Perse, il aurait étudié sous le prophète Daniel et aurait longtemps vécu en solitaire dans une retraite cachée, partageant son temps entre l'étude et la contemplation des astres. Sa retraite était une caverne de la Médie. C'est dans la solitude qu'il lui vint à l'esprit de réformer la religion des Mages et c'est pendant le règne de Darius, fils d'Hytaspe suivant Ctésias, après vingt ans de retraite qu'il voulut commencer la réforme du peuple Persan, en gagnant tout d'abord Darius à sa cause. Ce monarque régnait depuis plus de trente ans, quand Zoroastre se présenta à lui pour lui lire et lui expliquer le Zend-Avesta, qu'il avait écrit dans sa solitude, dans lequel livre il avait résumé toute sa doctrine. Il avait écrit son livre sur douze cents peaux formant douze volumes, qui contenaient vingt-et-un Traités appelés Nosks et ayant chacun un titre spécial. Dans le seizième, dénommé Zerdoutschnama, Zoroastre a écrit sa vie.
Il est bien fâcheux qu'on ait perdu lai plupart de ces traités, par exemple celui contenant l'autobiographie du Prophète, car il nous aurait fixé sur son compte. Suidas nous apprend que quatre livres traitaient des choses naturelles, des pierres précieuses entre autres et un cinquième d'astrologie.
D'après Pline, le Zend-Avesta renfermerait un Traité d'agriculture et un livre sur les Visions de Zoroastre. Après la mort de son auteur, un mage abrégea le Zend-Avesta. Cet abrégé fut écrit en persan vulgaire et fut intitulé le Sad-Der ; le Dr Hyde en a donné une traduction latine. Le vingtième livre aurait été un Traité de médecine, du moins au dire d'Eusèbe. Une partie de son Traité des oracles est parvenu jusqu'à nous. Pic de la Mirandole a même prétendu posséder un manuscrit chaldéen de ce traité avec des commentaires également chaldéens.


La doctrine de Zoroastre

Abordons maintenant la doctrine Zoroastrienne. Suivant l'esprit du Mazdéisme, Ormuzd n'a rien produit que de bon, cela est évident, non seulement par l'aspect de l'Univers terrestre, mais en contemplant aussi l'ensemble des mondes. Et cependant le monde renferme un principe du mal. D'où donc provint-il ? La doctrine de Zoroastre nous dit qu'Ormuzd n'avait pas plutôt ordonné l'harmonie de l'Univers qu'Ahriman fit son apparition et refusa d'accomplir la parole (Honover), c'est-à-dire de ceindre le Kosti ou cordon sacré, et de s'humilier devant la toute-puissance et la toute-bonté. De là naquit la lutte entre les deux principes : le bien et le mal. Aussi, dès qu'Ormuzd fait quelque chose de bien, Ahriman crée quelque chose de mauvais. Ainsi Ormuzd crée le taureau Aboudad, qui contenait en germe toute matière, aussitôt Ahriman, expulsé du ciel, se transforme en serpent et blesse l'animal d'une blessure mortelle. De l'épaule d'Aboudad naît le premier homme Kaiomorts, et les différentes parties de son corps donnent naissance aux races d'animaux bienfaisants et aux plantes utiles. Ahriman de son côté crée les animaux et les plantes nuisibles. Il tue Kaimorts, mais de celui-ci naît le premier couple Melchia et Meschiane qu'Ahriman séduit avec des chèvres et des fruits et il leur fit perdre ainsi les béatitudes célestes.
Ormuzd et Ahriman ne luttent pas seuls dans les espaces. Chacune de ces puissances, en effet, a son armée qui le seconde. Ormuzd a les Amschaspands et Ahriman les Devs ; et tandis que les génies bienfaisants s'occupent de faire le bien, les génies malfaisants les contrecarrent en faisant le mal. Ils sont secondés dans leur funeste tâche par les Kharfesters ou animaux impurs. Zoroastre a formulé des prières pour invoquer les Amschanspands et les Izeds et d'autres pour repousser les Devs, auteurs de l'hiver, des maladies et des fléaux de toute sorte. Voici une prière pour la destruction des Kharfesters : « Que pour purifier son âme et expier son crime, le coupable frappe dix mille de ces couleuvres qui marchent sur le ventre et se replient sur elles-mêmes, qu'il frappe dix mille de ces couleuvres à corps de chiens ; qu'il frappe dix mille tortues ; qu'il frappe dix mille grenouilles de terre et autant de grenouilles d'eau ; qu'il frappe dix mille de ces fourmis qui traînent les grains, qu'il frappe dix mille de ces fourmis qui marchent sur une seule ligne (file indienne) et font du mal sur la route ; qu'il frappe dix mille mouches qui se reposent sur les divers êtres. » (Vendidad). Telle doit être la conduite de tout fidèle adorateur d'Ormuzd.
Tous les reptiles et les insectes dont il est parlé ci-dessus, ne sont que des sortes de larves. C'est du moins ce que nous pensons.
D'après la Doctrine de Zoroastre, le châtiment des méchants ne doit pas être éternel. En effet, quand le Monde approchera de sa fin, Ormuzd enverra le Prophète Socioch afin de préparer les hommes à la résurrection générale. Après cela, la comète Gourzcher traversera l'espace avec une vitesse foudroyante, heurtera la terre et la réduira en cendres. Mais la comète, à son tour, deviendra un fleuve de lave, un torrent de feu qui se précipitera dans le Douzak d'où elle purifiera les âmes des méchants, ainsi qu'Ahriman et ses satellites. C'est alors que naîtra un nouvel Univers pur et parfait dans lequel le chef ou Prince des Devs dira éternellement le Hanover.


Une scission religieuse

Si nous comparons les Védas aux Naçkas, nous y trouvons des traces évidentes d'une communauté de cultes et d'une scission religieuse qui dut se faire à l'apparition de Zoroastre. Cette scission du culte hindou et Aryen date certainement de l'époque de ce réformateur. Suivant la remarque de J. Reynaud, il résulte de ce fait que les deux religions Brahmaique et Mazdéenne, identiques dans l'origine, se séparèrent à une époque dite Période des Nabâmazdista, ou hommes de la nouvelle loi, période qui se distingua par le culte d'Ormuzd. C'est cette période que le Rig-Véda symbolise par une prétendue scission entre Manou et son fils Nabhanedichta ; enfin d'autres traditions par la guerre des Asuras et des Dévas.
Nous terminerons ce que nous avons à dire sur la religion de Zoroastre en faisant remarquer que les lieux des sacrifices des prêtres étaient singuliers par leur aspect de nudité. La religion ne réclamait que des parfums, de l'eau bénite, quelques vases et produits végétaux et surtout le feu immortel, symbole de la Divinité sur la terre.
L'eau était également d'un usage constant dans la liturgie Mazdéenne, parce qu'elle était le symbole de la purification. Il y avait deux sortes d'eau consacrées pour les libations : l'eau Zour et l'eau Padiave. Enfin, le suc du Hom du Soma en sanskrit était, plus encore que le feu, considéré comme l'image d'Ormuzd.


La mort de Zoroastre

Il ne nous reste plus qu'à dire comment finit Zoroastre. Ici encore, nous nous trouvons en présence de nombreuses versions, nous ne donnerons que celle qui nous paraît la plus vraisemblable. Nous savons que Zoroastre s'établit dans la ville de Balk. C'est là qu'il communiqua aux Mages la science qu'il avait acquise. C'est dans cette ville qu'il aurait été massacré dans son temple, lors de la prise de la cité par les scythes orientaux, ayant à leur tête le roi Argiasp. Ce roi battu dans une première rencontre par Darius, rassembla bientôt une nouvelle armée et défit complètement les Perses dans le Khoraçan, après la prise et le sac de la ville de Balk.

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