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Le sens spirituel de Bouddha



Dans la mythologie hindoue

Le terme Bouddha signifie littéralement Illuminé, c'est-à-dire celui qui possède la sagesse parfaite. Le vrai nom du personnage, dont on fait la neuvième incarnation de Vishnou, ce vrai nom est Siddhartha, nom royal. Son nom de famille était Gautama ou Gotama. Il était prince de Kapilawastu, riche province de l'Inde, située à environ cent milles au Nord de Bénarès et à quarante milles des Monts Hymalaya.


L'enfance de Gautama

Bouddha était né 462 ou 446 ans avant l'ère vulgaire. A l'âge de 16 ans, il épousa la princesse Yasodhara, fille du roi Suprabaddha. Le père de Bouddha se nommait Suddhodhana et sa mère la reine Maya. Il régna sur la tribu Aryenne des Sakyas, ce qui est sans doute cause qu'on nomme Gautama Çakyamuni. Le père de Bouddha lui fit bâtir trois palais magnifiques, afin qu'il put habiter l'un d'eux à chaque changement de saison, qui dans l'Inde sont au nombre de trois seulement, l'hiver étant inconnu. L'un de ses palais avait neuf étages ; le second, cinq et le dernier, trois étages seulement ; mais tous étaient entourés de jardins remplis de fleurs et possédaient de belles fontaines jaillissantes.


La fuite de Gautama

Suddhohana adorait son cher fils. Aussi, dans la crainte de le perdre, suivant que l'avait prédit un astrologue, comme nous allons le voir bientôt, le père avait défendu à tous ceux qui approchaient son fils de lui parler des misères de ce monde et de la mort. Cependant une nuit, quand tous les habitants du palais dormaient, Gautama se leva et trouva le moyen de fuir sans être aperçu ; il était alors âgé de 19 ans. On dit qu'il prit cette détermination à la suite de l'apparition d'un Déva, qui se présenta à lui sous quatre formes différentes : celle d'un vieillard, celle d'un homme malade, celle d'un cadavre, enfin sous la forme d'un ermite.
Ainsi s'accomplit la prédiction qu'avait fait à sa naissance un astrologue qui avait annoncé qu'il abandonnerait un jour son royaume et tous ses biens pour devenir Bouddha. Une nuit donc, il se leva, jeta un dernier regard sur sa femme et son fils endormis, puis il appela son fidèle serviteur Chauna, monta son cheval blanc favori Kantaba et sortit enfin du palais de ses pères sans avoir été aperçu par qui que ce fût, pas même par les gardes qui, pour la circonstance, avaient été plongés dans un profond sommeil par les Dévas.
Il quitta sa femme, son fils et toutes ses richesses sans trop de douleur, car il se croyait appelé à remplir une mission, et il s'enfuit dans la jungle, afin d'y méditer et y découvrir la cause des souffrances humaines.
Arrivé à la rivière Anoma, située fort loin de Kapilawastu, il mit enfin pied à terre, et coupa avec son glaive sa luxuriante chevelure, qu'il donna à son fidèle Chauna avec tous ses ornements et sa monture, lui commandant de remettre le tout au roi son père. Son fidèle serviteur l'ayant quitté, il se rendit à pied à Rajagriha, capitale de Magahda et là, dans la jungle d'Uruwela, il se fit le disciple d'Ermites-Mages (hommes sages), afin d'acquérir les connaissances qu'il recherchait. Ces ermites étaient des Brahmanes. Ils enseignaient que par de sévères austérités et une excessive fatigue du corps, l'homme peut acquérir la parfaite sagesse.


La résolution de Gautama

Après avoir longtemps pratiqué les mêmes mortifications que les sages ermites et pris connaissance de leurs profondes études, Gautama ne put cependant découvrir le motif des souffrances humaines. Il se rendit alors dans une forêt située près d'un lieu dit Buddha-Gaya. Il y passa plusieurs années dans le jeûne et la méditation. Il avait avec lui cinq compagnons nommés: Koudanya, Baddaji, Wappa , Mahanama et Assaji.
Voici la sévère discipline que Gautama suivit pour rendre son esprit accessible à l'entière vérité. Il avait l'habitude de se tenir assis et de méditer, en fermant les yeux et les oreilles à tous les bruits extérieurs pouvant troubler sa méditation. Il jeûnait aussi, et chaque jour, il diminuait de plus en plus la quantité de nourriture et d'eau employées à son alimentation. Enfin, il arriva à ne manger par jour, qu'un grain de riz ou de sésame. Aussi s'était-il affaibli de plus en plus.
Un jour comme il marchait très lentement, ses forces l'abandonnèrent tout-à-fait et il perdit connaissance. Ses compagnons le crurent mort, mais ce n'était qu'une syncope et Gautama revint bientôt à lui. Il pensa alors que le but de ses recherches ne pouvait être atteint par le simple jeûne et les souffrances corporelles, mais par un agrandissement, une amplification de l'intelligence. Il résolut donc de manger, afin de pouvoir vivre assez longtemps pour acquérir la sagesse.
Une jeune fille l'avait trouvé dans l'état de faiblesse que nous venons de décrire. Elle lui offrit donc quelque nourriture, qu'il accepta. Les forces lui revinrent peu à peu ; il se leva prit sa sébile, se baigna dans la rivière Niranja, et rentra quelques jours après dans la jungle ; et sur le soir, Gautama se dirigea vers un arbre appelé Boddhi ou Asvaltha. Arrivé au pied de celui-ci, il prit la ferme résolution de ne plus quitter cet endroit qu'après avoir acquis la sagesse, c'est-à-dire avoir atteint l'état de Bouddha. Il avait la face tournée vers l'Est, c'est-à-dire tournée du côté de la meilleure influence. Dans sa méditation de la première nuit passée au pied du Boddhi, il eut connaissance de ses naissances antérieures, des causes de la renaissance et des moyens d'éteindre tout désir. Vers l'aube son intelligence s'ouvrit comme la fleur du lotus et il obtint la connaissance suprême, c'est-à-dire celle des quatre vérités. La lumière se fit en lui ; il était devenu Bouddha, c'est-à-dire Omniscient, Illuminé.
Dès lors, il vit les causes des souffrances humaines et le moyen d'y échapper. Il dut faire de très grands efforts pour arriver à cette parfaite sagesse. Il eut à se débarrasser de tous ses défauts naturels, des appétits et des faiblesses de l'humaine nature. Il dut prendre le dessus sur les mauvaises influences du monde qui l'enveloppaient de toute part et qui empêchent de voir la Vérité.


La découverte des quatre vérités

Le secret de la misère humaine lui fut dévoilé. Ce secret, c'est l'ignorance, qui nous fait estimer ce gui n'est pas digne d'estime, priser ce qui n'est d'aucun prix, croire réel ce qui n'est qu'imaginaire, et négliger ce qui a le plus de valeur, c'est-à-dire connaître tout le secret, de l'existence et de la destinée de l'homme avant d'arriver au Nirvana.
Voici les quatre vérités découvertes par Bouddha :

  • 1° Les misères de l'existence.
  • 2° La cause de la misère qui est le désir inassouvi toujours renouvelé, jamais satisfait.
  • 3° La destruction de ce désir.
  • 4° Le moyen d'obtenir cette destruction du désir.

Dans sa doctrine, Bouddha énumère quelques-unes des choses qui produisent la tristesse ; ce sont : la naissance, la croissance, la ruine, la maladie, la mort, la séparation de ce que nous aimons, la haine de ce que nous ne pouvons pas éviter, le désir de ce que nous ne pouvons obtenir.
Parmi les moyens que donne Bouddha pour éviter les souffrances qui résultent des désirs inassouvis et de convoitises ignorantes, nous mentionnerons celui qui consiste à surmonter et détruire la soif intense de la vie et de ses plaisirs, qui est la cause de toute souffrance ; et pour cela, il faut ajoute-t-il, suivre le noble chemin des huit sentiers, lesquels se nomment Angas et qui sont :

  • 1° La croyance correcte.
  • 2° La pensée correcte.
  • 3° La parole correcte.
  • 4° La doctrine correcte.
  • 5° Les moyens d'existence corrects.
  • 6° L'effort correct.
  • 7° La mémoire correcte.
  • 8° La méditation correcte.

L'homme qui comprend ces Angas, et qui les suit, est affranchi de la peine et arrive au salut, c'est-à-dire qu'il est sauvé des misères de la vie et des renaissances, et qu'il arrive enfin au Nirvana, qui n'est pas, comme beaucoup affectent de le croire, un état de complet anéantissement.
D'après; la doctrine de Bouddha, ce qui est cause de nos renaissances, c'est le désir inassouvi que nous avons pour les choses terrestres. Cette soif inassouvie d'existence physique, de besoins matériels est une force qui possède en elle-même le pouvoir créateur, qui nous replonge dans l'existence terrestre.


La biographie de Bouddha

Bouddha était né sous la Constellation de Wissa, un vendredi de mai de l'an 2478 de Kali-Yug. Il entra dans la jungle en l'an 2506, devint Bouddha à la pointe jour d'un mercredi de l'an 2513. Ayant accompli la tâche qu'il s'était donnée, perfectionné sa doctrine et montré la route du Nirvana à des milliers de fidèles, Bouddha quitta la terre la 45e saison après qu'il eut atteint l'état de Bouddha, un mardi de la pleine lune de mai de l'an 2558.
Il se rendit un soir à Kusi-Nagora, situé à 120 milles de Bénarès et, sentant venir sa fin, il s'étendit sur une natte entre deux arbres de Sâl, la tête tournée vers le nord. La première partie de la nuit, il prêcha aux princes Maliya ; dans la seconde partie, il convertit un pundit Brahmane nommé Sabhadra ; enfin au point du jour, il passa dans l'état intérieur de Samadhi (mort apparente quant au corps) ; enfin, il quitta définitivement son corps, comme nous venons de le voir, un mardi de la pleine lune de mai de l'an 2558 de Kali-Yug. Il avait alors 80 ans.
Disons, en terminant, qu'il y a lieu de réfuter ici une légende inepte, d'après laquelle Gautama serait mort d'une indigestion de porc. Il ne faut pas confondre Boudha avec un seul d et Bouddha avec deux d. Celui dont nous venons de donner une courte biographie et qui passe pour la neuvième incarnation de Vishnou, est le fondateur du Bouddhisme. Boudha avec un seul d sert à désigner le Régent de la planète Mercure. C'est le fils de Soma et de Tara, qui passe pour le premier roi de la dynastie lunaire.

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