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Le sens spirituel de Âme



Le principe supérieur de l'homme

L'âme est le principe supérieur de l'homme qui est, pour ainsi dire, le foyer de sa sensibilité, de son entendement et le siège de sa volonté. Ce principe agit sur le corps physique ou sthulique par l'intermédiaire du corps astral.
D'après des études et des observations psychologiques, l'âme serait le principe qui sent, qui pense, qui veut et qui commande. D'après la doctrine du ternaire ou des trois principes, un seul d'entre eux représente l'âme. Mais en analysant ces principes pour former le septénaire, l'âme se subdivise en plusieurs autres éléments.
Si Dieu et l'immortalité ont fourni matière à de nombreuses études et controverses, l'âme, de son côté a été l'un des problèmes les plus étudiés par les penseurs et les philosophes de tous les pays. Du reste, l'âme et l'immortalité sont des sujets presque identiques et qui, en tous cas, sont réunis entre eux par de puissants liens, et avec l'idée de Dieu.


L'âme et le corps

Les rapports de l'âme et du corps sont tellement évidents que, de tout temps, l'homme a cherché à les expliquer. Il s'est efforcé surtout de découvrir quels sont les organes qui subissent l'influence immédiate des facultés psychiques, et qui à leur tour réagissent sur l'âme. Mais où celle-ci réside-t-elle dans le corps humain ? On l'a placée tantôt dans le cœur, tantôt dans le cerveau. Nous verrons bientôt ce qu'il y a de vrai dans ces suppositions.
Dans l'Antiquité, quelques philosophes ne voyaient dans l'âme qu'un souffle. C'étaient les Épicuriens. Ils plaçaient l'âme dans le cœur. D'autres la considéraient comme un foyer ou une harmonie que produisait l'organisation des corps, ce qui faisait dire à Platon que l'âme est « un principe qui se meut lui-même. » Beaucoup de philosophes distinguaient dans l'homme plusieurs âmes, la confondant ainsi avec ses diverses manifestations. Ils reconnaissaient en conséquence une âme raisonnable, une âme irascible, une âme appétitive, une âme courageuse, etc. Cette idée étrange a été admise par Pythagore, Platon, ainsi que par divers philosophes de l'Orient. Aristote, lui, admettait cinq âmes : l'appétitive, la motrice, la nutritive, la sensitive, enfin l'âme rationnelle. Toutes ces suppositions été, par la suite, reconnues erronées, et l'on a admis que la nature de l'homme crée une ligne de démarcation distincte entre l'âme, le corps et l'esprit. Descartes a le premier entrevu cette démarcation.
Si, en effet, on considère l'âme dans sa nature et d'après les caractères qui lui sont propres, on voit qu'elle est une, identique et susceptible de sentiment et d'intelligence. Elle se distingue du moi qui constitue la personnalité humaine, bien que substantiellement l'âme et le moi ne soient qu'un seul et même être pensant doué de trois qualités ou attributs qui sont : l'Unité, l'Identité et l'Activité et dans chacun de ces actes l'âme se montre fonctionnant avec ses attributs et peut dire : « Je sens, je connais, j'agis. » Ces trois attributs : unité, identité, activité se trouvent-ils dans la matière ? Certainement pas, il faut donc admettre qu'il existe dans l'homme deux substances différentes : l'une matérielle : le corps ; l'autre immatérielle : l'âme. Cette double substance admise, il devient nécessaire d'étudier les rapports qui existent entre les deux substances et l'influence qu'elles exercent réciproquement l'une sur l'autre. Cette étude fort complexe ne présente aucune difficulté pour le matérialiste, puisque celui-ci nie l'existence de l'âme, ce qui du reste est très commode et dispense de donner des explications.
Malheureusement, il ne suffit pas de nier l'existence d'un fait, pour que celui-ci n'existe pas, et supprimer une question n'est pas la résoudre. C'est ce qui arrive pour la Psychologie. On a beau nier l'existence de l'âme, cela ne prouve rien. Au contraire, si ce fait était si évident par lui-même, il y a de longs siècles qu'on ne s'en occuperait pas ; et Dieu sait, s'il y a longtemps qu'on étudie la question.


L'histoire de l'étude de l'âme

Sans remonter trop haut dans l'histoire, nous dirons que les Épicuriens, dont nous venons de parler, ont vu dans l'âme un simple organe, comme le pied, l'œil, la main, l'oreille. Pour eux, c'était un simple composé moléculaire et c'est au mouvement de ces molécules, auquel ils attribuaient ses sensations. Nos matérialistes modernes ont absolument adopté ce même raisonnement. Écoutons-les ; ils nous disent avec Cabanis que « deux grandes modifications de l'existence humaine se touchent et se confondent par une foule de points correspondants, et que les opérations désignées sous le nom de morales, résultent directement comme celles que l'on nomme physiques de l'action, soit de certains organes particuliers, soit de l'ensemble du système vivant. »
Avec Broussais, les matérialistes modernes prétendent, en termes plus explicites encore, que « toutes les facultés de l'homme sont attachées à son encéphale ; que l'intelligence n'est pas une chose indépendante du corps, qu'elle tient à un cerveau vivant dans certaines conditions... et qu'on doit rallier les phénomènes instinctifs et intellectuels à l'excitation du système nerveux. » De sorte qu'un idiot et un crétin pourraient, d'après cette belle définition, devenir de grands génies, si on excitait fortement leur système nerveux. Cette excitation ne manquerait pas certainement d'augmenter le volume du cerveau, de l'encéphale, qui est considéré comme le centre du système nerveux par excellence.
Or, les faits contredisent cette proposition, puisque précisément, les déséquilibrés, les fous, les forcenés sont généralement des individus qui ont le système nerveux dans un état de surexcitation parfois considérable. Ce n'est donc pas dans cette excitation qu'il faut chercher l'explication des phénomènes psychiques.
Nous ne poursuivrons pas nos recherches, mais nous terminerons par mentionner l'opinion d'un de nos docteurs contemporains qui résume celle des matérialistes. Comme ses prédécesseurs plus ou moins célèbres, le Docteur Richet place lui aussi dans l'encéphale, les fonctions psychiques. « Toutefois, dit-il nous ne nous étendrons pas ici sur ce problème difficile et intéressant. C'est à la physiologie expérimentale jusqu'à présent, pour des motifs divers assez impuissante en cette matière, qu'il appartient de résoudre la question. Il nous suffira d'admettre, ce qui est à peu près incontestable, que les fonctions psychiques sont une des fonctions de l'encéphale. »
Le « à peu près incontestable » est un pur chef-d'œuvre. En science, il ne faut pas des à peu près, surtout quand un objet est absolument contestable. Nous nions que les fonctions psychiques soient une des fonctions de l'encéphale, les travaux du colonel de Rochas l'ont absolument démontré.
Mais poursuivons, et nous allons voir que les recherches anatomiques ne peuvent en rien éclaircir, ni même éclairer la question. Ce n'est pas nous, mais le Dr Richet lui-même qui le dit. Ecoutez plutôt :
« Mais tous ces faits (relation du système avec ses fonctions : système nerveux central capillaires, éléments cellulaires, tubes nerveux, membrane, protoplasme, noyau, myélacytes, substance blanche, etc.), si bien observés qu'ils soient, ne nous sont d'aucune utilité en psychologie. L'anatomie n'a jamais pu donner que de bien pauvres notions physiologiques et la psychologie peut, moins que toute autre branche des sciences physiologiques, espérer quelques éclaircissements dans les recherches des anatomistes.
Il serait pourtant bien intéressant de savoir dans quel élément du système nerveux siège l'activité psychique. On admet, comme un dogme inébranlable, que la cellule nerveuse est l'élément actif du système nerveux, que les fibres blanches ne jouent qu'un rôle accessoire, un rôle de conduction. Mais cet axiome, universellement admis, et que nous nous garderons de contredite, aurait besoin d'être mieux démontré qu'il ne l'a été jusqu'ici. On ne peut alléguer à cet effet que des vraisemblances, des analogies, des présomptions. La preuve directe n'est pas faite et, en fait de science, il n'y a que les preuves directes qui puissent entraîner la certitude. »
Nous ne pouvons qu'approuver pleinement ce dernier paragraphe. Il ne faut pas des à peu près en science et certainement, dans la question, la preuve directe n'est pas faite. La cellule nerveuse est l'élément actif du système nerveux, mais l'activité psychique ne réside pas seulement dans un système nerveux quelconque. On ne veut voir ici que la matière, et dès lors le problème est insoluble, parce qu'un des éléments essentiels manque. Cet élément c'est la spiritualité, une essence supérieure, divine, qui complète l'activité psychique, qui alimente l'âme toute entière. C'est pour se manifester que l'âme a besoin d'un organe, et cet organe réside dans le système nerveux, absolument comme pour la production de la lumière électrique, il faut des substances matérielles, une force, des acides, des sels, des métaux. Mais la lumière produite est-elle aussi matérielle que les organes de sa production ? Personne ne saurait le soutenir. L'électricité est impondérable dans le vide, son expansion est incalculable. Enfin, elle ne connaît pour ainsi dire pas de distance. Ce ne sont pas là des propriétés de la matière ordinaire. L'électricité a donc, pour ainsi dire, quelque chose d'immatériel, de spirituel, s'il nous est permis de dire, qui peut faire comprendre le rayonnement, l'expansion de l'âme. Eh bien, il en est de même de l'activité psychique de l'âme, et cela à un degré beaucoup plus intense, beaucoup plus élevé. Le système nerveux remplace en ce qui concerne l'âme, les piles, les accumulateurs de l'électricité ; et l'âme, fluide qui, à plus d'un point de vue, ressemble au fluide électrique, l'âme disons-nous, vient se condenser dans le centre nerveux et produire les phénomènes si surprenants qui se révèlent chez l'homme.
Et nous allons donner ici des preuves de ce que nous avançons, preuves que nous croyons irréfutables.


Les phénomènes de l'âme

Si l'activité psychique, ce que l'on est convenu d'appeler âme, n'était que le résultat, le produit de la matière, comment expliquer phénomènes de magnétisation, d'hypnotisme, de suggestion, de clairaudience, de clairevue ou de double vue ; comment, admettre, par exemple, qu'une personne éveillée, douée de la vue, qui est là devant vous, puisse voir à n'importe quelle distance, et quelle puisse voir dans le présent, dans le passé et dans l'avenir, et dans un avenir relativement prochain. La matière seule ne peut donner de pareils résultats. Il y a donc dans ces faits, un principe qui échappe à la matière, il y a quelque chose, d'éthéré, de spirituel, de divin et c'est ce principe, ce quelque chose qui est l'âme, qui la constitue, la rend toute différente de la matière et la fait peut-être immortelle.


Les âmes diverses de l'homme

Nous n'ignorons pas aujourd'hui que si l'on provoque l'hypnose chez un sensitif, on peut en augmenter graduellement l'effet et déterminer trois états principaux différents, dénommés états superficiels de l'hypnose. De prime abord, il est difficile de s'expliquer pourquoi une même opération magnétique peut faire passer le sujet par trois états si différents. Cela tient à un fait qui est jusqu'ici resté inexplicable et que nous pensons pouvoir expliquer par la possession par l'homme de trois âmes différentes, comme nous allons voir, lesquelles âmes correspondraient aux trois états principaux de l'hypnose.
Nous savons qu'en psychologie, il existe trois mondes : le monde physique, le monde astral et le monde spirituel. Or, l'homme étant l'image du monde, du macrocosme, puisqu'il est un microcosme, l'homme est composé de trois éléments, mais ceux-ci sont doubles dans l'homme. Ils sont dominés par l'essence divine ou Atma, après laquelle il y a l'âme spirituelle ou Buddhi, et le corps spirituel ou Manas, puis l'âme astrale ou Kama, et le corps astral ou Linga Sharira, enfin, l'âme physique ou Prana, et le corps physique ou Rupa. Dans son intégralité, l'homme est donc composé de sept principes, qui même durant la vie terrestre, peuvent être artificiellement séparés, mais qui le sont naturellement, à la mort.
On voit donc, par ce qui précède, que l'homme possède trois âmes : l'âme spirituelle, l'âme astrale et l'âme physique, parfaitement distinctes les unes des autres. C'est cette triple propriété qui peut donner lieu à ces cas de double conscience, si difficiles à expliquer parfois chez un seul et même individu. Mais où résident ces âmes dans le corps humain ? Il est bien difficile de le dire ! Descartes, qui n'admettait qu'une âme, plaçait son siège dans la glande pinéale, c'est—à-dire dans le point central du cerveau. Les occultistes, qui en admettent trois, ne donnent pas le milieu où elles résident. Pour nous, s'il nous fallait absolument désigner les localités du corps ou sont placées les âmes humaines, nous appuyant sur un procédé de magnétisation connu, qui consiste à diriger l'influx magnétique sur la tête, sur l'épigastre ou bien sur le cœur, enfin sur les organes génitaux, nous n'hésiterions pas à placer dans ces localités les trois âmes diverses de l'homme.
Pour justifier le siège de l'âme spirituelle, nous nous appuyons sur l'autorité de Descartes ; pour justifier le siège de l'âme astrale, sur ce fait que les sujets magnétisés, les somnambules ou les médiums ne se dégagent, c'est-à-dire n'expulsent l'astral de leur corps, qu'après avoir produit une forte aspiration qui a l'air de s'engloutir dans l'épigastre ; enfin, nous plaçons le siège de l'âme physique dans les organes de la génération, parce qu'ils servent à la reproduction de l'espèce. Du reste, ces trois foyers sont des centres nerveux très puissants.


L'âme après la mort

Nous ne suivrons pas l'âme dans ses pérégrinations après la mort, d'après la croyance des divers peuples. Nous dirons seulement que beaucoup de nations croyaient à la migration des âmes, principalement les Égyptiens, qui la nommaient Ba, et la figuraient par un épervier à tête d'homme. Souvent on représentait l'âme voltigeant au-dessus de la momie. Les Égyptiens admettaient que le retour de l'âme dans le corps ramenait la vie pour de nouvelles existences. Cette croyante était, du reste, partagée par un grand nombre de peuples.
Chez les Perses, on admettait que le troisième jour après la mort, au lever du soleil, les Dews conduisaient les âmes au pont de Chinoât, où elles sont interrogées sur les actes de leur vie. Là, les puissances célestes se disputent les âmes. Dans ce combat, l'âme des bons, dont les Dews redoutent l'odeur comme les brebis celles du loup, a pour auxiliaires les esprits purs (yasatas). L'âme monte victorieuse au Paradis, tandis que l'âme des impurs, privée de secours et enchaînée par le Dew Vizareshô, est traînée aux Enfers.

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