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Le sens spirituel de Alchimie



L'étymologie du mot alchimie

Le terme alchimie dérive de al et chemi, feu, Dieu ou patriarche. Il signifie chimie de la nature et il est synonyme d'hermétique, d'hermétisme, parce-que la philosophie hermétique est un terme générique qui embrasse à la fois l'alchimie, la pierre philosophale, la panacée universelle, l'élixir de longue vie, le grand œuvre, le magistère, etc., etc., c'est-à-dire, en un mot, l'art de transmuer ou transmuter tous les métaux en or et de fabriquer cette eau admirable, qui devait donner la santé et une jeunesse éternelle.


La mauvaise réputation de cette science

Jusque dans ces dernières années, on s'est fait une très fausse idée de l'alchimie et des alchimistes. Il n'y a pas de sarcasmes qu'on ait épargné à cette science (nous ne dirons pas maudite, on la méprisait trop pour la qualifier ainsi), mais à cette science stupide. Qui s'est occupé d'alchimie, si ce n'est des utopistes et des fous ? A quoi, cette prétendue science a-t-elle abouti ? à rien, à faire mourir de misère ou dans des cabanons ceux qui s'en sont occupés !
Et, jusqu'ici, on a appliqué et avec raison paraît-il, aux alchimistes, ce vieil adage latin : « Alchimia est ars, cujus initium laborare, medium mentire, finis mendicare. » Ce qui veut dire : l'alchimie est un art dont le commencement est le travail, le milieu, le mensonge, et la fin, la mendicité. Tels sont les propos qui courent aujourd'hui encore sur les alchimistes.
Cependant dans vers la fin du XIXe siècle, on est un peu revenu de ces préventions et nous espérons bien démontrer la fausseté des calomnies débitées sur les alchimistes et réhabiliter ainsi ces piocheurs si fort décriés.


Les bienfaits de l'alchimie

Tout d'abord, nous ne craindrons pas de dire bien haut que si sur notre pauvre globe, il y a quelque parcelle de bien-être, quelques agréments, nous le devons en partie, en grande partie même, à l'alchimie et aux alchimistes, par conséquent à ces pauvres diables qui ont été traqués partout et en tout temps, comme de véritables fauves.
Ces dernières lignes paraîtront peut-être paradoxales ; elles en ont l'air tout au moins. Cependant, nous sommes intimement convaincus que tout lecteur impartial reconnaîtra avec nous que l'alchimie n'est pas ce qu'un vain peuple pense, car c'est de l'alchimie que datent les progrès matériels qui ont apporté à l'humanité de grands soulagements.
Nous n'insisterons pas ici plus que de raison à ce sujet, et nous dirons qu'il est bien évident que toutes les grandes découvertes modernes que chacun a présentes à l'esprit ont eu pour point de départ la chimie, or, celle-ci étant la fille directe de l'alchimie, c'est bien cette science tant décriée qui est la cause, la génératrice des grands progrès accomplis de nos jours pour le bonheur de l'humanité.


L'histoire de l'alchimie

A en croire les adeptes de l'hermétisme, leur philosophie remonterait aux temps les plus reculés. Divers écrivains, Ad. Franck, entre autres, ne veulent pas, comme un grand nombre d'adeptes, faire remonter l'alchimie jusqu'à Mizraïm, fils de Cham et premier roi d'Egypte. Ils ont peut-être raison, mais ce qui est certain, c'est que cette science est la plus ancienne de toutes celles que l'homme a pratiquées.
Ce que nous pouvons affirmer aussi, c'est que ce mot d'alchimie se trouve déjà dans les œuvres de Julius Firmicus Maternus, contemporain de Constantin le Grand. Notre bibliothèque nationale possède le plus ancien traité alchimique d'Europe. Il a été écrit en grec par Zosime le Panoplite, vers l'an 400 de l'ère vulgaire.
Après le traité de Zosime, nous possédons celui d'Œneus Gazeus écrit vers 480 de l'ère vulgaire. Voici ce qu'en dit un ouvragé anglais que nous traduisons : « Il traite des forces subtiles de la nature et des diverses conditions de la matière qui sont nécessaires pour opérer. L'alchimiste se couvre du voile d'un langage plus ou moins artificiel (more or less artificial) pour découvrir aux non-initiés ce qu'on peut révéler, sans danger du grand mystère (magnum mysterium) à un public égoïste. L'alchimiste admet comme premier principe, d'un certain Dissolvant Universel qui résout tous les corps en la substance homogène dont ils sont sortis ; laquelle substance est dénommée or pur, or summum materiæ. Ce dissolvant est aussi dénommé Menstruum Universale et possède le pouvoir d'arracher, d'extirper (of removing) tous les germes morbides du corps humain, de ramener la jeunesse et de prolonger la vie. Telle est la pierre des philosophes (lapis philosophorum).
L'alchimie a d'abord pénétré en Europe par Geber, le grand Sage et philosophe arabe au VIIIe siècle de notre ère. Mais elle était connue et pratiquée de temps immémorial en Chine et en Egypte. De nombreux papyrus sur l'alchimie ont été exhumés et conservés sous le terme générique de Traités Hermétiques (See Tabula Smaragdina, voyez la table d'Eméraude), ces traités et d'autres preuves (and other proofs) démontrent que les rois et les prêtres faisaient de cette science, leur étude favorite. »


L'étude de l'alchimie

L'alchimie peut-être étudiée sous trois aspects différents qui admettent des interprétations diverses, à savoir : aspects cosmique, humain et terrestre. Ces trois méthodes ont été typifiées dans trois propriétés alchimiques : soufre, mercure et sel.
Divers écrivains ont donné jusqu'à trois, sept et même douze procédés différents, mais tous s'accordent pour affirmer que l'alchimie n'a qu'un seul objet, qui est la transmutation de métaux vulgaires en or pur. Mais bien peu de personnes comprennent réellement la nature de cet or. Sans la transmutation des métaux grossiers en un métal plus noble l'or, est un fait ; mais ce fait ne présente qu'un seul côté de l'alchimie, le côté terrestre et purement matériel, car nous voyons logiquement ce processus se dérouler dans les entrailles de la terre. Mais au-dessus de cette interprétation, il y a le sens symbolique purement psychique et spirituel. Le kabbaliste-alchimiste cherche à réaliser l'aspect matériel de son art ; l'occultiste-alchimiste, méprisant l'or des mines porte son attention et dirige tous ses efforts vers la transmutation du quaternaire grossier en la divine et supérieure trinité de l'homme qui, finalement uni, les deux n'en font qu'un.
Les plans spirituels, mental, psychique et physique sont comparés en alchimie aux quatre éléments : feu, air, eau et terre, et chacun se présente sous un triple état : fixe, changeant et volatil. On connait très peu ou même rien de l'origine de cette branche ancienne de la philosophie. Il est certain pourtant qu'elle est antérieure à n'importe quelle construction de Zodiaque connu, et ce qu'elle enseigne des forces personnifiées de la nature montre qu'elle est probablement plus ancienne que les mythologies du monde. Nul doute aussi que le secret de la transmutation (sur le plan physique) ne fût connu dans l'Antiquité et n'ait été perdu à l'aurore de ce qu'on a nommé la période historique.


De l'alchimie à la chimie

La chimie moderne doit à l'alchimie ses découvertes les plus fondamentales, mais comme elle n'a pas pris la peine d'examiner la vérité de l'affirmation alchimique, qui n'admet qu'un seul élément dans l'Univers, elle a placé les métaux dans la classe des éléments et a commencé à s'apercevoir que c'est là une grosse erreur. Quelques Encyclopédistes sont même forcés d'avouer que si un grand nombre de récits de transmutation sont le résultat de la fraude et de l'illusion, cependant quelques-uns d'entre-eux sont garantis par preuves qui les rendent probables. Par la pile galvanique on a découvert une base métallique dans les alcalis même. On doit donc laisser en suspens, indécis, la question de savoir si l'on peut tirer un métal de certaines substances qui en contiennent les éléments et si l'on peut changer un métal en un autre.
On ne peut, du reste, considérer tous les alchimistes comme des imposteurs. Parmi eux, beaucoup travaillaient avec l'intime conviction d'atteindre leur but et possédaient cette patience infatigable et cette pureté de cœur, si fortement recommandée par les alchimistes comme la principale qualité pour assurer la réussite de leurs labeurs.


Alchimie et hermétisme

De nos jours, les mots alchimie et hermétisme sont presque synonymes. On les emploie l'un pour l'autre. Les hermétistes ou alchimistes pensaient qu'au moyen du Grand-Œuvre, on pouvait tirer du néant ou du moins de l'Aither, une créature en tous points semblable à l'homme.
Sans aller tous aussi loin, le plus grand nombre des alchimistes se borne généralement à étudier et expérimenter des procédés permettant de changer en or tous les métaux, et à tirer des mêmes éléments, c'est-à-dire de la pierre Philosophale (qui est une poudre) une liqueur ou de longue vie, capable, comme son nom l'indique, de prolonger la santé et la vie au-delà des limites naturelles. Les alchimistes prétendent que Raymond Lulle, Paracelse, Nicolas Flamel et beaucoup d'autres encore, ont possédé la pierre philosophale. Sa fabrication serait même fort simple au dire de Nicolas Flamel. Elle présenterait si peu de difficultés « qu'une femme filant fusée n'en serait du tout détournée », ce qui veut dire qu'on pourrait fabriquer la pierre devant une fileuse, sans que celle-ci s'en aperçut. Si nous en croyons Van-Helmont, cet auteur aurait vu, touché et possédé de la Pierre Philosophale. C'était une poudre de la couleur du safran rouge, et qui brillait comme du verre pulvérisé. Il en aurait possédé un quart de grain qui, précipité sur huit onces de mercure, aurait transmué celui-ci en argent très pur. Les Alchimistes pouvaient aussi, grâce à leur préparation, donner aux pierres précieuses un plus grand degré de perfection qu'elles possèdent réellement.


La fin de l'alchimie

L'alchimie n'est pas morte comme on le croit. Elle a donné naissance à notre chimie moderne, nous l'avons vu, et tout le monde le sait, mais ce que beaucoup ignorent, c'est qu'aujourd'hui il existe encore des alchimistes dans toute l'acception ancienne du mot, c'est-à-dire des hommes qui cherchent encore la transmutation des métaux.

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